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Protéger sa peau l'été quand on vit avec la polyarthrite rhumatoïde : pourquoi c'est plus important qu'on ne le pense ?

10/07/2026

Protéger sa peau l'été quand on vit avec la polyarthrite rhumatoïde : pourquoi c'est plus important qu'on ne le pense ?

L'été venu, les conseils de protection solaire circulent partout : crème, chapeau, rester à l’ombre aux heures chaudes. Pour les personnes vivant avec la polyarthrite rhumatoïde (PR), ces précautions ne sont pas de simples recommandations de confort. Certains traitements de fond, certaines biothérapies et la cortisone prise au long cours modifient la façon dont la peau réagit au soleil, parfois de manière significative. Voici ce que disent les données disponibles, et comment adapter vos habitudes sans renoncer à profiter de l'été.


L’origine de la polyarthrite rhumatoïde

Le soleil, un risque qu'on sous-estime pour tout le monde

Avant même de parler de traitements : l'exposition solaire reste l'une des principales causes évitables de cancer de la peau, quel que soit son état de santé. Santé publique France recommande d'adapter sa protection à l'indice UV du jour : aucune protection n'est nécessaire en dessous de 3, mais dès que l'indice atteint 7, il est conseillé de rester à l'ombre aux heures les plus à risque, entre 12h et 16h en été, et d'éviter toute exposition lorsque l'indice atteint 11. L'indice UV du jour est consultable via Météo-France, votre application météo ou autre l’application SunSmart de l'Organisation mondiale de la santé.

Aux heures d'exposition, les recommandations restent classiques : vêtements couvrants, chapeau à large bord, lunettes de soleil filtrantes (certains verres foncés ne protègent pas des UV), et crème solaire d'indice 30 minimum, appliquée généreusement et renouvelée toutes les deux heures. La Société Française de Dermatologie rappelle que même un écran solaire d'indice 50 laisse passer une petite partie des UV.

Santé publique France mentionne explicitement les personnes sous traitement immunosuppresseur parmi les publics à surveiller de plus près, aux côtés de celles prenant certains antibiotiques, diurétiques ou anti-inflammatoires photosensibilisants. C'est précisément la situation de nombreuses personnes suivies pour une polyarthrite rhumatoïde.

Traitements de fond et soleil : des situations différentes selon la molécule

Tous les traitements de la PR n'interagissent pas de la même façon avec le soleil, et il est utile de ne pas les mettre dans le même panier.

L'hydroxychloroquine

L'hydroxychloroquine (Plaquenil) est le traitement pour lequel la photosensibilité, cette réaction cutanée exagérée à l'exposition solaire (rougeur, brûlure, éruption), est officiellement reconnue comme effet indésirable possible. Il s'agit d'un point distinct de la toxicité rétinienne du Plaquenil, qui justifie une surveillance ophtalmologique régulière mais qui dépend de la dose cumulée et de la durée du traitement, pas de l'exposition au soleil : les deux sujets sont parfois confondus à tort.

Le methotrexate

Le methotrexate, contrairement à une idée répandue, n'est pas à proprement parler un médicament photosensibilisant : il ne rend pas la peau plus vulnérable à un coup de soleil en soi. En revanche, un phénomène bien documenté existe, celui du « rappel » ou de la réactivation : un coup de soleil récent peut se manifester de façon plus sévère, parfois avec des cloques, dans les jours qui suivent une prise de méthotrexate. Le Club Rhumatismes et Inflammations (CRI) recommande donc aux patients sous méthotrexate de se protéger soigneusement des coups de soleil, et, en cas de coup de soleil malgré tout, d'en parler à son rhumatologue : une interruption temporaire du traitement est parfois proposée, le temps que la peau cicatrise.

La sulfasalazine

La sulfasalazine (Salazopyrine), comme d'autres médicaments de la famille des sulfamides, peut également provoquer une photosensibilisation, effet répertorié dans sa notice, bien que sa fréquence exacte reste mal établie. Pour le léflunomide (Arava), la notice officielle ne mentionne pas de photosensibilité, mais quelques cas cliniques publiés suggèrent un effet phototoxique possible : la prudence reste de mise, sans certitude scientifique établie à ce stade.



Dans tous les cas, la meilleure approche reste d'interroger votre rhumatologue ou votre pharmacien sur le traitement que vous prenez spécifiquement, plutôt que de généraliser d'une molécule à l'autre.

L’origine de la polyarthrite rhumatoïde

Biothérapies et inhibiteurs de JAK : une vigilance renforcée

Pour les biothérapies, la situation est plus nuancée. Les anti-TNF (adalimumab, étanercept, infliximab et autres) n'ont pas montré, dans les grandes synthèses de la littérature, de sur-risque confirmé de cancer cutané dit non mélanocytaire (les carcinomes) (Ramiro et al., revue systématique EULAR, Annals of the Rheumatic Diseases, 2017).

Le signal est en revanche mieux établi pour les inhibiteurs de JAK (baricitinib, tofacitinib, upadacitinib, filgotinib). L'essai clinique de référence ORAL Surveillance a mis en évidence un risque plus élevé de cancer cutané non mélanocytaire sous tofacitinib comparé aux anti-TNF (Ytterberg et al., New England Journal of Medicine, 2022). Sur la base de ces données, l'Agence européenne des médicaments (EMA) a conclu en 2022 que ce risque s'appliquait à l'ensemble de la classe des inhibiteurs de JAK utilisés dans les maladies inflammatoires chroniques, et recommande aux patients sous ces traitements un examen régulier de leur peau, à la recherche de toute nouvelle lésion suspecte, en plus des mesures de protection solaire habituelles (EMA, communiqué du 11 novembre 2022).

Si vous êtes sous inhibiteur de JAK, cela ne doit pas être une source d'inquiétude disproportionnée, mais plutôt une bonne raison d'ajouter à votre routine estivale un réflexe simple : mettre de la crème solaire, et regarder sa peau régulièrement, signaler à son médecin toute tâche, grain de beauté ou lésion qui change d'aspect, saigne ou ne cicatrise pas.

Le diagnostic d’une polyarthrite rhumatoïde

La cortisone, une peau qui a besoin de plus d'attention

La corticothérapie prise sur une longue durée fragilise progressivement la peau : elle s'amincit, devient plus sujette aux bleus, aux petites plaies qui cicatrisent lentement, un phénomène que la littérature scientifique désigne sous le terme de dermatoporose (Kaya et Saurat, Dermatology, 2007). Or l'exposition au soleil est décrite dans ces mêmes travaux comme l'autre cause majeure de ce même vieillissement cutané accéléré. Concrètement, cela signifie qu'une peau déjà fragilisée par la cortisone accumule plus facilement les dommages liés aux UV : une raison supplémentaire d'être attentif, sans que cela traduise pour autant un risque de coup de soleil immédiat plus élevé.

Nos conseils pratiques pour l'été

Adaptez votre protection à l'indice UV du jour et évitez autant que possible les sorties non protégées entre 12h et 16h. Portez des vêtements couvrants, un chapeau et des lunettes de soleil filtrantes, en complément d'une crème solaire d'indice 30 minimum renouvelée toutes les deux heures. Parlez à votre rhumatologue ou à votre pharmacien du profil de votre traitement spécifique : tous ne présentent pas le même risque, et votre équipe soignante peut vous donner des conseils adaptés à votre situation. Si vous prenez du méthotrexate, protégez-vous particulièrement des coups de soleil et signalez toute brûlure solaire à votre médecin ou pharmacien. Si vous êtes sous inhibiteur de JAK, prenez l'habitude d'examiner votre peau régulièrement et de signaler toute lésion inhabituelle. Enfin, ne modifiez ni n'interrompez jamais un traitement de votre propre initiative : toute question sur une réaction cutanée doit être discutée avec votre équipe soignante.

Et surtout, profitez bien de l'été !

Le diagnostic d’une polyarthrite rhumatoïde

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