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Anti-inflammatoires, traitements de fond & Cie

La polyarthrite rhumatoïde (PR) est une maladie inflammatoire chronique qui demande une prise en charge médicamenteuse adaptée. Mais attention : tous les traitements ne jouent pas le même rôle. Anti-inflammatoires, antalgiques, corticoïdes…, certains soulagent les symptômes, d’autres agissent sur l’évolution même de la maladie.

Les antalgiques : contre la douleur

Les antalgiques sont les médicaments dont le rôle principal est de soulager la douleur. Ils sont très utilisés dans la polyarthrite rhumatoïde, car la douleur est l’un des symptômes les plus fréquents et les plus difficiles à vivre au quotidien.

Contrairement aux anti-inflammatoires ou aux traitements de fond, les antalgiques n’agissent pas sur l’inflammation ni sur l’évolution de la maladie. Leur but est d’améliorer le confort du patient, pour l’aider à continuer ses activités malgré la maladie.

Les différents types d’antalgiques

Niveau 1 : les antalgiques simples

Le plus connu est le paracétamol :

  • Il soulage les douleurs légères à modérées.
  • Il est souvent le premier traitement prescrit.


Niveau 2 : les antalgiques dits « faibles opioïdes »

Exemples : codéine, tramadol.

  • Ils agissent directement sur le système nerveux pour diminuer la perception de la douleur.
  • Ils sont utilisés lorsque le paracétamol seul ne suffit pas.


Niveau 3 : les antalgiques dits « forts opioïdes »

Exemples : morphine et dérivés.

  • Réservés aux douleurs intenses et rebelles.
  • Leur usage est plus rare dans la PR, mais peut être envisagé dans certaines situations.


Comment sont-ils utilisés ?

Les antalgiques peuvent être prescrits seuls, lors de douleurs ponctuelles. Plus souvent, ils sont associés à d’autres traitements (anti-inflammatoires, corticoïdes, traitements de fond). Ils permettent de mieux supporter les poussées douloureuses, en attendant que les traitements de fond fassent effet.


Précautions d’usage

Le paracétamol reste un médicament sûr, mais en cas de surdosage il peut endommager le foie. Toujours respecter les doses indiquées par le médecin.

Les antalgiques opioïdes (comme la codéine, le tramadol ou la morphine) doivent être surveillés car ils peuvent entraîner :

  • somnolence,
  • constipation,
  • parfois un risque de dépendance s’ils sont pris longtemps.

C’est pourquoi l’usage d’antalgiques, surtout opioïdes, doit toujours être encadré par un médecin.

Comprendre le traitement de fond modificateur de la maladie

Les anti-inflammatoires (AINS)

Les AINS (comme l’ibuprofène, le naproxène, le diclofénac…) sont souvent prescrits aux personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde.

Leur rôle : soulager rapidement les symptômes liés à l’inflammation. Ils permettent de réduire :

  • la douleur,
  • la raideur articulaire,
  • le gonflement.


Quand sont-ils utiles ?

  • Lors d’une poussée inflammatoire pour améliorer le confort.
  • En complément d’un traitement de fond, le temps que celui-ci fasse effet.
  • Pour aider à retrouver une mobilité articulaire plus rapidement, en diminuant la douleur.

Les AINS n’agissent pas sur l’origine de la maladie. Ils ne freinent pas l’évolution de la PR et ne préviennent pas les lésions articulaires.


Les limites des AINS

L’utilisation des AINS doit rester limitée dans le temps. Pris sur une longue période ou à fortes doses, ils peuvent entraîner :

  • des effets secondaires digestifs (ulcères, gastrites, brûlures d’estomac),
  • un risque accru d’hypertension artérielle ou de complications cardiovasculaires,
  • une fragilité rénale (insuffisance rénale si usage prolongé).

Pour réduire ces risques, le médecin adapte la dose au minimum nécessaire et peut prescrire en parallèle une protection gastrique.


Les corticoïdes : une action rapide

Les corticoïdes (comme la cortisone ou la prednisone) sont des médicaments anti-inflammatoires puissants. Ils ne guérissent pas la polyarthrite rhumatoïde, mais ils permettent de contrôler rapidement les poussées inflammatoires.


Pourquoi les prescrire ?

  • Ils calment l’inflammation très vite, en quelques jours.
  • Ils soulagent la douleur, la raideur et le gonflement des articulations.
  • Ils donnent au patient un répit, notamment au moment du diagnostic ou lors d’une poussée aiguë.
  • Ils permettent de gagner du temps, en attendant que le traitement de fond (comme le méthotrexate ou une biothérapie) fasse effet, car celui-ci agit souvent au bout de plusieurs semaines.


Comment sont-ils utilisés ?

En général, le médecin prescrit une faible dose quotidienne. Cette dose est ensuite diminuée progressivement dès que le traitement de fond commence à contrôler la maladie. Dans certains cas particuliers, les corticoïdes peuvent aussi être donnés en infiltration locale (injection directement dans une articulation douloureuse).

Ne jamais réduire ou arrêter les corticoïdes par soi-même. Vouloir diminuer la dose trop vite pour éviter les effets secondaires peut empêcher le médicament d’agir efficacement et provoquer une reprise brutale de l’inflammation.

La décision de réduire la dose ou d’arrêter se prend toujours avec le médecin, dans le cadre d’une discussion partagée.


Pourquoi être vigilant ?

Les corticoïdes peuvent entraîner des effets secondaires s’ils sont utilisés trop longtemps ou à fortes doses (prise de poids, ostéoporose, diabète, hypertension, infections…).

C’est pour cela que :

  • le médecin ajuste la dose au plus juste,
  • un suivi médical est indispensable,
  • des mesures préventives peuvent être mises en place (apports en calcium, vitamine D, activité physique).

Les corticoïdes sont très efficaces, mais leur usage au long cours peut entraîner des effets secondaires :

  • fragilisation des os (ostéoporose),
  • augmentation du risque de diabète et d’hypertension artérielle,
  • prise de poids, rétention d’eau, gonflement du visage,
  • fragilité cutanée (peau plus fine, cicatrisation plus lente),
  • plus grande sensibilité aux infections.

C’est pourquoi les corticoïdes doivent être :

  • prescrits à la dose minimale efficace,
  • surveillés par le médecin,
  • accompagnés parfois de mesures de prévention (apport en calcium, vitamine D, activité physique adaptée pour protéger les os). 
La gestion de la maladie inflammatoire chronique

Les traitements de fond (DMARDs)

Les traitements de fond, appelés aussi DMARDs (pour Disease-Modifying Anti-Rheumatic Drugs), sont les médicaments qui ont véritablement changé la vie des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde. Contrairement aux antalgiques ou aux anti-inflammatoires, qui ne font que soulager les symptômes, les DMARDs agissent au cœur de la maladie : ils modifient le fonctionnement du système immunitaire pour ralentir, voire stopper l’évolution de la PR.

Leur objectif :

  • diminuer l’inflammation,
  • protéger les articulations des lésions irréversibles,
  • améliorer la qualité de vie sur le long terme.

Mais attention : ces traitements demandent souvent plusieurs semaines pour agir. Leur efficacité se juge dans la durée, et ils nécessitent un suivi médical régulier.



Les traitements de fond conventionnels (csDMARDs)

Ce sont les plus anciens et les plus utilisés en première intention.

  • Le plus connu et le plus prescrit : le méthotrexate.
  • D’autres options : leflunomide, sulfasalazine, hydroxychloroquine.

Comment ça marche ?

Ces médicaments agissent de manière globale sur le système immunitaire pour réduire l’inflammation chronique.

Ce qu’il faut savoir

  • Ils se prennent le plus souvent par comprimés ou injections (dans le cas du méthotrexate).
  • Ils nécessitent un suivi biologique régulier (prises de sang) pour surveiller le foie, les reins ou la tolérance générale.
  • Ils représentent la base du traitement dans la PR.



Les biothérapies (bDMARDs)

Quand les traitements conventionnels ne suffisent pas, on passe à une nouvelle génération : les biothérapies.

  • Elles sont fabriquées à partir de cellules vivantes (biomédicaments).
  • Elles ciblent des molécules très précises impliquées dans l’inflammation, comme :
  • les anti-TNF (qui bloquent un messager de l’inflammation appelé TNF-alpha),
  • les anti-IL6,
  • les anti-CD20 (qui agissent sur certains globules blancs). 

Comment ça marche ?

On peut les comparer à des snipers : elles visent très précisément certaines parties du système immunitaire, plutôt que d’agir globalement.

Ce qu’il faut savoir

  • Elles sont administrées par injection sous-cutanée (stylo ou seringue) ou par perfusion intraveineuse à l’hôpital.
  • Elles demandent un suivi attentif (prises de sang régulières, surveillance d’éventuelles infections).
  • Elles peuvent être très efficaces pour stabiliser la maladie et réduire fortement les poussées. 

Depuis 2025, certaines biothérapies peuvent être substituées en pharmacie par leur équivalent biosimilaire. Ce sujet soulève beaucoup de questions chez les patients : nous y consacrons un article complet 

Lire notre dossier sur la substitution.



Les traitements ciblés synthétiques (tsDMARDs)

Les tsDMARDs (pour targeted synthetic DMARDs) sont une génération plus récente de traitements de fond.
Leur particularité ? Ils se présentent sous forme de comprimés, ce qui les rend plus pratiques que les injections ou perfusions des biothérapies.

Leur mécanisme repose sur les inhibiteurs de JAK (Janus Kinase, souvent appelés “JAKi”). Ces médicaments bloquent des protéines présentes dans les cellules immunitaires. Ces protéines jouent un rôle clé dans la transmission des signaux inflammatoires. En les bloquant, on interrompt la cascade inflammatoire à sa source, ce qui empêche l’inflammation de s’installer dans les articulations.

Leurs avantages

  • Administration orale : plus simple à prendre pour certains patients que des injections.
  • Action rapide : ils peuvent commencer à agir en quelques semaines seulement.
  • Précision : ils ciblent des mécanismes spécifiques de l’inflammation.

Ce qu’il faut surveiller

Comme tous les traitements qui agissent sur le système immunitaire, les JAKi nécessitent un suivi régulier :

  • prises de sang pour surveiller la formule sanguine, le foie, le cholestérol,
  • attention particulière au risque d’infections (car le système immunitaire est modulé),
  • discussion approfondie avec le médecin avant de commencer, surtout si l’on présente d’autres facteurs de risque (cardiovasculaires, cancers, etc.)

Quand les prescrire ? 

Les JAKi sont généralement proposés :

  • quand les traitements conventionnels (comme le méthotrexate) n’ont pas donné les résultats attendus,
  • ou lorsque les biothérapies ne sont pas suffisantes ou pas tolérées.

Ils ne sont donc pas un traitement “de première intention”, mais une alternative moderne et efficace dans certains cas.


La décision partagée

Il n’existe pas de « meilleur » traitement universel. Le bon traitement est celui qui fonctionne pour vous, avec le moins d’effets indésirables possibles. Ce choix se fait en discussion avec votre médecin : c’est la décision partagée. Vous exprimez vos besoins et vos ressentis, le médecin propose les options, et ensemble vous définissez la stratégie la plus adaptée.

N’hésitez pas à contacter notre association contre la polyarthrite rhumatoïde pour de plus amples informations.


Choisir le bon traitement

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