Aux Hôpitaux Civils de Colmar, le service de rhumatologie dirigé par le Dr Laurent Messer a lancé un programme original : l’art-thérapie pour les personnes atteintes de rhumatismes inflammatoires chroniques (RIC) comme la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ou le rhumatisme psoriasique.
L’objectif ? Compléter les traitements médicamenteux avec des approches non pharmacologiques, centrées sur le vécu des patients et leur qualité de vie.
Après l’annonce d’une maladie chronique, les patients traversent souvent une phase d’inacceptation : choc du diagnostic, perte de repères, absence de guérison possible. Ces difficultés peuvent peser sur l’observance des traitements ou entretenir la douleur.
L’art-thérapie aide à :
se réapproprier son corps et son esprit,
renforcer l’estime de soi,
exprimer et travailler ses émotions,
retrouver du sens dans son parcours de vie.
Le Dr Messer souligne que cette approche s’inscrit dans la continuité d’autres dispositifs déjà proposés à Colmar : activité physique adaptée (APA) et éducation thérapeutique du patient (ETP).
Avant d’intégrer le programme, chaque patient bénéficie d’un parcours d’évaluation :
consultation pluridisciplinaire avec questionnaire PROMIS-29,
consultation médicale et pharmaceutique centrée sur le vécu,
entretien avec un art-thérapeute.
Ensuite, le cycle comprend 8 séances collectives de deux heures, par groupes de 8 participants maximum. Les ateliers se déroulent en trois temps :
Accueil et rappel du cadre,
Mise en création (peinture, écriture, argile, papier mâché, danse…),
Partage et travail autour des émotions et du vécu.
Les premiers bilans sont très encourageants.
De janvier à juillet 2024, 11 patients ont suivi le programme et ont rapporté :
une meilleure gestion de la douleur,
une perception plus positive de leur corps,
une amélioration de l’estime de soi.
Les échelles PROMIS-29 (8 patients évalués) montrent également :
réduction de la fatigue (−1,9 point),
réduction de l’anxiété (−1,4 point) et de la dépression (−0,8 point),
baisse des perturbations liées à la douleur (−0,9 point) et au sommeil (−0,6 point),
amélioration de la capacité physique (+0,8 point).
👉 Selon le Dr Messer, « plusieurs patients ont été réellement transformés par l’art-thérapie ».
Ce programme a pu voir le jour grâce à un financement de l’Agence Régionale de Santé, initialement destiné à l’APA. Mais son avenir dépend encore de ressources budgétaires.
L’équipe médicale est convaincue que l’art-thérapie a toute sa place dans un parcours de soins intégratif et souhaite le maintenir durablement.