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» 🎨 Art-thérapie et rhumatismes : une approche innovante testée à Colmar

Un programme inédit pour les patients atteints de RIC

Aux Hôpitaux Civils de Colmar, le service de rhumatologie dirigé par le Dr Laurent Messer a lancé un programme original : l’art-thérapie pour les personnes atteintes de rhumatismes inflammatoires chroniques (RIC) comme la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ou le rhumatisme psoriasique.

L’objectif ? Compléter les traitements médicamenteux avec des approches non pharmacologiques, centrées sur le vécu des patients et leur qualité de vie.

 

Pourquoi l’art-thérapie ?

Après l’annonce d’une maladie chronique, les patients traversent souvent une phase d’inacceptation : choc du diagnostic, perte de repères, absence de guérison possible. Ces difficultés peuvent peser sur l’observance des traitements ou entretenir la douleur.

L’art-thérapie aide à :

  • se réapproprier son corps et son esprit,

  • renforcer l’estime de soi,

  • exprimer et travailler ses émotions,

  • retrouver du sens dans son parcours de vie.

Le Dr Messer souligne que cette approche s’inscrit dans la continuité d’autres dispositifs déjà proposés à Colmar : activité physique adaptée (APA) et éducation thérapeutique du patient (ETP).

 

Comment ça marche ?

Avant d’intégrer le programme, chaque patient bénéficie d’un parcours d’évaluation :

  • consultation pluridisciplinaire avec questionnaire PROMIS-29,

  • consultation médicale et pharmaceutique centrée sur le vécu,

  • entretien avec un art-thérapeute.

Ensuite, le cycle comprend 8 séances collectives de deux heures, par groupes de 8 participants maximum. Les ateliers se déroulent en trois temps :

  1. Accueil et rappel du cadre,

  2. Mise en création (peinture, écriture, argile, papier mâché, danse…),

  3. Partage et travail autour des émotions et du vécu.

 

Quels résultats ?

Les premiers bilans sont très encourageants.
De janvier à juillet 2024, 11 patients ont suivi le programme et ont rapporté :

  • une meilleure gestion de la douleur,

  • une perception plus positive de leur corps,

  • une amélioration de l’estime de soi.

Les échelles PROMIS-29 (8 patients évalués) montrent également :

  • réduction de la fatigue (−1,9 point),

  • réduction de l’anxiété (−1,4 point) et de la dépression (−0,8 point),

  • baisse des perturbations liées à la douleur (−0,9 point) et au sommeil (−0,6 point),

  • amélioration de la capacité physique (+0,8 point).

👉 Selon le Dr Messer, « plusieurs patients ont été réellement transformés par l’art-thérapie ».

 

Un enjeu : pérenniser l’initiative

Ce programme a pu voir le jour grâce à un financement de l’Agence Régionale de Santé, initialement destiné à l’APA. Mais son avenir dépend encore de ressources budgétaires.

L’équipe médicale est convaincue que l’art-thérapie a toute sa place dans un parcours de soins intégratif et souhaite le maintenir durablement.