Pour certaines personnes vivant avec une polyarthrite rhumatoïde (PR), malgré les traitements, la maladie reste difficile à contrôler. Douleurs, raideurs, fatigue et inflammation persistent, parfois même après plusieurs biothérapies ou traitements ciblés.
Depuis quelques années, une piste de recherche innovante suscite beaucoup d’intérêt : la stimulation du nerf vague. Une étude avec un suivi à 12 mois post-implantation vient d’être publiée. On vous explique.
Qu’est-ce que l’implant SetPoint ?
Il s’agit d’un petit implant placé dans le cou, qui délivre une stimulation électrique très courte chaque jour (environ 1 minute).
Son objectif est d’activer un “frein naturel” de l’organisme pour moduler l’inflammation, en stimulant un nerf clé : le nerf vague.
Le nerf vague, c’est quoi ?
Le nerf vague est souvent décrit comme un “câble” entre le cerveau et le corps.
Il passe par le cou et transmet des messages vers plusieurs fonctions essentielles :
le cœur, les poumons, la digestion… et aussi le système immunitaire.
Son rôle principal est d’aider le corps à passer en mode “calme”, et notamment de freiner certains signaux inflammatoires.
Comment l’étude a-t-elle été réalisée ?
L’étude a inclus 242 personnes atteintes de PR active (modérée à sévère), ayant eu une réponse insuffisante ou une intolérance à au moins une biothérapie ou un traitement ciblé.
Tous les participants ont reçu l’implant.
Un tirage au sort a ensuite réparti les personnes entre :
une stimulation active
une stimulation factice
La phase initiale a duré 3 mois.
L’étude était en double aveugle : ni les patients, ni les évaluateurs ne savaient qui recevait quelle stimulation.
Les résultats à 3 mois : est-ce que ça marche ?
À 3 mois, les résultats montrent une différence en faveur de la stimulation active :
35,2 % des personnes avec stimulation active ont présenté une amélioration clinique,
contre 24,2 % avec la stimulation factice.
Sur d’autres indicateurs de l’activité de la maladie (DAS28-CRP, critères EULAR), la stimulation active montre également de meilleurs résultats, avec au moins 20 % d’amélioration sur plusieurs critères (douleur, gonflements, etc.).
En clair : la stimulation active aide plus souvent à obtenir une amélioration mesurable que la stimulation factice.
Et à 12 mois ?
À 12 mois, l’étude est passée en phase ouverte : toutes les personnes ont reçu la stimulation active.
L’objectif était d’évaluer le maintien des effets dans le temps.
Les résultats montrent :
une amélioration des symptômes chez 52,8 % des personnes suivies,
et 44,8 % des participants présentant une PR en faible activité ou en rémission.
Que faut-il retenir ?
Les résultats sont encourageants, mais cette approche reste en phase d’exploration.
Il reste à préciser :
pour quels profils de patients cette stratégie fonctionne le mieux,
quelle est sa place dans la stratégie globale de prise en charge,
Cette recherche ouvre néanmoins la voie à de nouvelles options thérapeutiques “bioélectroniques”, en complément des traitements, notamment pour les patients en échec ou intolérants.
Source
Étude publiée dans Nature Medicine
Vagus nerve–mediated neuroimmune modulation for rheumatoid arthritis: a pivotal randomized controlled tria