Se rendre à l’hôpital pour un traitement ou accompagner un proche peut déjà être une épreuve. S’ajoutent souvent des frais de parking, parfois élevés, qui pèsent sur le budget des patients et de leurs familles. Une proposition de loi, adoptée le 29 janvier 2026 à l’Assemblée nationale, pourrait bien mettre fin à cette charge supplémentaire. Décryptage.
Le projet en bref
Chaque année, des milliers de patients et d’aidants doivent payer pour se garer à l’hôpital, que ce soit pour une simple consultation ou un traitement de longue durée. Pour les personnes atteintes de maladies chroniques (cancer, polyarthrite rhumatoïde, diabète…), ces frais peuvent représenter un coût récurrent et stressant.
Cette proposition de loi portée par le député LR Stéphane Hablot vise à supprimer les frais de parking pour les patients et leurs aidants dans les établissements publics de santé. Adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale, elle doit désormais être examinée par le Sénat avant une éventuelle entrée en vigueur.
Ce que prévoit le texte
1. Gratuité totale pour les patients et aidants
Patients : exonération des frais pendant toute la durée de leur prise en charge (consultations, hospitalisations, examens).
Aidants : gratuité étendue aux proches aidants, représentants légaux des mineurs, ou personnes remplaçant un transport sanitaire remboursé.
Objectif : éviter que le coût du stationnement ne s’ajoute à la charge financière des soins.
2. Visiteurs : 2 heures gratuites et plafonds
2 heures de stationnement gratuit par jour pour les visiteurs.
Plafonds : 15 € maximum par jour, 100 € par mois pour un abonnement.
3. Personnel hospitalier : gratuité sur le temps de service
Gratuité sur les emplacements réservés pendant les heures de travail, quel que soit le statut.
Quand cette mesure pourrait-elle s’appliquer ?
Le texte a franchi une première étape importante en étant adopté à l’Assemblée nationale, mais il n’est pas encore définitif :
Prochaine étape : examen par le Sénat, qui pourrait l’amender. Et si la loi est adoptée, les hôpitaux auront jusqu’à 2 ans pour se mettre en conformité. Un financement compensatoire est prévu, en cas de perte de recettes, pour aider les établissements à absorber la perte de recettes.
Côté transparence : chaque établissement devra publier un rapport annuel sur la gestion des parkings.
Si la proposition de loi suscite l’espoir chez les patients et leurs familles, sa mise en œuvre soulève plusieurs défis majeurs, qui pourraient être au cœur des débats au Sénat.
1. Un coût pour les hôpitaux : Les recettes des parkings financent aujourd’hui une partie des budgets hospitaliers. Leur suppression pourrait creuser un manque à gagner de plusieurs millions d’euros par an, surtout pour les grands centres. Le financement compensatoire promis par l’État reste incertain : sera-t-il suffisant et versé à temps ? Les petits hôpitaux ruraux, déjà fragiles, pourraient être les plus touchés.
2. Le risque de fraude : Comment éviter que les parkings ne deviennent des stationnements gratuits pour les riverains ? Des solutions existent (badges, contrôles, collaboration avec les municipalités), mais elles ont un coût en logistique et personnel – ce qui renvoie au problème budgétaire.
3. Qui est vraiment un « visiteur » ? Le texte prévoit 2 heures gratuites par jour pour les visiteurs, mais reste flou sur les critères :
Faut-il réserver cette gratuité aux proches aidants ou l’étendre à tous (amis, connaissances) ?
Comment vérifier l’identité des visiteurs (attestation, badge) ?
Le plafond mensuel de 100 € est-il adapté pour les visites régulières (ex. : parents de patients hospitalisés longtemps) ?
Un équilibre à trouver entre justice sociale et réalisme économique, qui dépendra des amendements du Sénat.
Pour les patients atteints de maladies chroniques (polyarthrite rhumatoïde, cancer, diabète…), les frais de parking répétés représentent un coût supplémentaire non négligeable. Cette réforme pourrait soulager des milliers de familles, déjà mises à rude épreuve par la maladie.
Le texte pourrait être amendé, notamment sur les modalités de financement et les critères d’éligibilité. Une adoption définitive est espérée d’ici la fin de l’année 2026.