Le 7 novembre 2025, beaucoup y ont cru. Dans le cadre de l’examen du PLFSS à l’Assemblée nationale, les députés ont adopté plusieurs amendements pour rendre obligatoire l’affichage du Nutri-Score sur la plupart des aliments vendus en France.
Quelques jours plus tard, une pétition citoyenne officielle était déposée sur la plateforme de l’Assemblée nationale pour soutenir cette avancée et pousser le processus législatif jusqu’au bout, malgré la pression des lobbies agroalimentaires. Pilotée notamment par le Pr Serge Hercberg, “père” du Nutri-Score, elle reste aujourd’hui en ligne et ouverte à la signature jusqu’au 19 juin 2029.
Mais entre-temps, le scénario a changé.
Lors de son passage au Sénat, l’article rendant le Nutri-Score obligatoire a été supprimé du PLFSS 2026, malgré des tentatives de le “borner” au maximum :
obligation limitée à une grande partie des denrées préemballées,
exclusion des produits bénéficiant d’un signe officiel de qualité (AOP, AOC, Label Rouge, IGP, etc.), justement pour ne pas pénaliser les productions locales et les produits du terroir.
Finalement, début décembre, l’Assemblée nationale a rejeté la généralisation du Nutri-Score sur les emballages, à une courte majorité. La mesure ne figurera donc pas dans la loi de financement de la Sécurité sociale 2026.
Aujourd’hui encore :
Environ 1 500 marques ont choisi d’afficher le Nutri-Score, couvrant près de 60 % du marché alimentaire français.
De grands groupes agroalimentaires refusent toujours de l’utiliser (ou l’ont retiré depuis la version 2025, plus stricte, notamment pour les produits sucrés et les boissons édulcorées).
Pour les consommateurs, cela veut dire que l’on peut comparer facilement les produits quand le logo est là, mais qu’en l’absence de Nutri-Score, impossible de savoir si un industriel cache une mauvaise note ou refuse le principe de transparence.
Quand on vit avec une polyarthrite rhumatoïde (PR), la nutrition n’est jamais un sujet anodin.
Beaucoup de personnes avec une PR sont exposées à plusieurs facteurs de risque :
surpoids ou obésité,
risque cardiovasculaire augmenté,
parfois diabète ou prédiabète,
traitements au long cours qui imposent de surveiller de près la santé globale.
Dans ce contexte, le Nutri-Score n’est pas une baguette magique. Mais c’est un repère simple et visuel pour distinguer rapidement un produit plutôt favorable à la santé d’un produit nettement moins intéressant. Et un outil parmi d’autres pour composer un quotidien alimentaire plus protecteur, en complément des conseils de l’équipe soignante, des diététiciens et des ressources de l’ANDAR sur l’alimentation anti-inflammatoire.
Plus il est affiché largement, plus il peut aider à limiter, au jour le jour, l’accumulation de produits ultra-transformés ou trop sucrés. Et soutenir les efforts de celles et ceux qui tentent de rééquilibrer leur alimentation sans passer leur vie à lire de minuscules tableaux nutritionnels.
Et maintenant : à quoi sert encore la pétition ?
Même si la bataille législative autour du PLFSS 2026 est perdue pour cette fois, la pétition citoyenne officielle n’est pas inutile pour autant :
Elle reste ouverte jusqu’au 19 juin 2029 et continue de recueillir des signatures.
À partir de 100 000 signatures, la commission des Affaires sociales de l’Assemblée doit l’examiner formellement ; au-delà de 500 000 signatures, un débat en séance publique peut être organisé.
Dans un contexte où un adulte sur deux et près d’un enfant sur cinq sont en surpoids ou obésité, et les maladies chroniques liées à la nutrition (diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, certains cancers) explosent, continuer à se mobiliser pour un meilleur étiquetage nutritionnel reste un enjeu de santé publique majeur et une question très concrète pour les personnes vivant avec une PR.
Ce que l’on continuera de défendre
Même sans Nutri-Score obligatoire, l’ANDAR :
continuera à informer sur l’alimentation et l’inflammation dans la PR,
à défendre des outils simples, lisibles et fondés sur des données scientifiques pour aider les patients à faire leurs choix au quotidien,
à rappeler que l’alimentation est un levier parmi d’autres (traitements, activité physique adaptée, sommeil, prise en charge globale) pour mieux vivre avec la maladie.