Le rôle du microbiote intestinal dans les réactions immunitaires et l’impact de l’inflammation chronique sur la santé font l’objet d’une attention croissante. Lors du 16ᵉ congrès d’orthopédie sportive (ZKOS), le Pr Werner Seebauer, directeur du département de médecine préventive à la NESA (New European Surgical Academy), a rappelé l’importance d’une stratégie nutritionnelle holistique.
Les inflammations chroniques passent souvent inaperçues.
Maintenir une flore intestinale saine est crucial (alimentation variée, légumes verts, aliments fermentés, apport en pré- et probiotiques).
Il est essentiel de connaître les recommandations nutritionnelles et de repérer d’éventuelles carences.
De nombreux médicaments modifient la composition du microbiote intestinal.
Lorsque les radicaux libres s’accumulent et que l’organisme ne parvient plus à les neutraliser, un stress oxydatif apparaît. Ce dernier peut abîmer les cellules et favoriser des « inflammations silencieuses », par exemple au niveau de la muqueuse intestinale.
Ces inflammations passent souvent inaperçues au départ, mais elles réduisent la capacité d’absorption des nutriments et peuvent entraîner à long terme des carences en antioxydants, acides aminés ou acides gras. Cela impacte directement :
la régénération des tissus,
le système immunitaire,
les performances physiques.
Une flore intestinale déséquilibrée (dysbiose) peut aussi fragiliser la barrière protectrice de l’intestin, entraîner des intolérances alimentaires, favoriser des réactions immunitaires excessives et, dans certains cas, contribuer au développement de maladies auto-immunes.
Pour renforcer la flore intestinale, le Pr Seebauer recommande :
Des aliments riches en antioxydants : fruits, légumes colorés, herbes, épices, vitamines C et E, flavonoïdes, caroténoïdes.
Des fibres solubles et insolubles : présentes dans les légumineuses, les céréales complètes, les fruits et légumes.
Des aliments fermentés : yaourts, kéfir, choucroute, kimchi, kombucha…
Une alimentation équilibrée : éviter les excès de graisses saturées, de protéines et les sucres transformés.
Des analyses ciblées (sanguines ou fécales) permettent d’évaluer l’état du microbiote et de dépister :
un stress oxydatif,
des déficits en micronutriments,
un déséquilibre entre acides gras oméga-3 et oméga-6,
des marqueurs d’inflammation intestinale.
Compléments et aliments enrichis peuvent aider, mais leur efficacité dépend avant tout d’un régime globalement équilibré. Il est recommandé de suivre des repères éprouvés comme la pyramide alimentaire de Harvard ou les recommandations Manger-Bouger de Santé Publique France.
Certaines classes médicamenteuses modifient fortement la flore intestinale :
Antibiotiques : détruisent aussi les bactéries utiles.
Inhibiteurs de pompe à protons : modifient l’acidité et le microbiote.
Laxatifs : perturbent la production d’acides gras bénéfiques.
Antidiabétiques (metformine) : modifient la composition bactérienne.
Chimiothérapies, AINS, statines, immunosuppresseurs : peuvent fragiliser la barrière intestinale et accroître le risque inflammatoire.